BACK TO WORK - Chapitre 6Le lendemain matin, Anna fut emplie d'un sentiment de dégoût et d'une certaine nausée. Non pas de dégoût d'elle-même mais de dégoût à l'idée d'aller retrouver Marc. Marc qu'elle avait abandonné hier sur sa déclaration. Il était de mauvaise humeur ce matin-là. Il lui adressa à peine la parole. Cela dura plusieurs jours, plusieurs semaines. Il était très distant. Ils avaient bel et bien perdu leur complicité d'alors. Anna se sentait loin de l'équipe du reste. Elle traversait les couloirs avec un sourire aux lèvres, repensant parfois au sexe de l'homme du 345 qui s'était emparé d'elle et tout ce qu'elle avait imaginé à ce moment-là. Elle s'était totalement abandonnée, elle avait vu une série d'inconnus s'approcher de son sexe, l'observer, puis la pénétrer. Elle avait rêvé de sexes géants et durs. Elle s'était totalement oubliée, avait réussi à mettre de côté la pudeur, la gêne, la maternité. Elle avait été une femme, non pas amoureuse, sensible, maternelle, mais une de ces femmes avides de baise, dont elle croyait qu'elles n'existaient que dans les stéréotypes des hommes. Cela l'avait soulagée aussi. Elle s'était dégagée de sa tension sexuelle. Elle pouvait travailler à nouveau. Ecoutait les infos en voiture. Elle pouvait aussi plus sereinement lire des histoires à ses enfants le soir avant de dormir. Elle avait hâte de les retrouver après le boulot. Elle était globalement satisfaite de sa vie. Mais rapidement elle découvrit que Stéphane avait une nouvelle aventure. Il se faisait plus coquet, quittait souvent et longtemps le domicile. Cette fois, il n'y eut pas les pleurs. Elle se sentait détachée de lui affectivement. Cela faisait longtemps maintenant qu'ils ne partageaient plus rien, si ce n'est des enfants. Elle le méprisa encore mais lui en fut presque reconnaissante car elle savait que les choses ne pouvaient pas se rétablir entre eux. Le seul problème était qu'ils ne pouvaient pas se séparer, qu'ils ne pouvaient pas imposer cela à Emilien et Juliette. Ils étaient trop petits. Ils étaient si fragiles. Alors ils cohabitaient ; tous ensemble, donnant l'illusion d'une famille unie. En revanche, cela provoqua le retour des envies. Elle entra dans une dimension tout à fait malsaine de son rapport à la sexualité. Elle y pensait en permanence. Se plaisait quelquefois à sortir sans culotte pour sentir le vent la pénétrer. Ou dans le bus les vibrations du moteur. Il lui arrivait dans les toilettes du bureau de faufiler un doigt entre ses cuisses. Mais surtout les objets prirent une dimension nouvelle dans sa vie. Elle essayait de se soulager avec ce qu'elle trouvait sous la main, bouteilles de shampooing, tubes de dentifrice. Le seul but était d'exterminer ce désir inaltérable. En vain. Elle essaya de se mettre à d'autres occupations. Faire du dessin. Evacuer son désir par la sublimation. Cela la calma provisoirement. Stéphane s'intéressa vaguement à cette nouvelle activité, mais ses accès de bonne humeur devaient certainement précéder les rendez-vous avec sa maîtresse. Il s'absentait souvent les vendredis soirs, soi-disant pour retrouver ses vieux copains, mais elle n'en croyait pas un mot. Il rentrait le lendemain, fatigué, cerné, et elle y revoyait ce qu'elle avait elle-même ressenti après sa nuit à l'hôtel. Parfois il lui prenait l'envie de savoir qui était cette femme, à quoi elle ressemblait. Elle aurait aimé savoir aussi de quoi ils parlaient ensemble, si ce n'était qu'une relation sexuelle, s'il était amoureux d'elle, si c'était toujours la même, mais elle en était presque sûre. Une fois elle l'avait surpris, alors qu'elle arrosait les plantes à l'extérieur et qu'il rentrait du travail. En voyant sa femme, il avait subitement raccroché le téléphone : « Je dois raccrocher, je te rappelle mon Am… ». Il s'était rattrapé de justesse, mais c'était trop tard. Anna avait entendu. Elle avait baissé les yeux comme si de rien n'était. Elle se demandait aussi ce qu'il lui promettait, de quitter sa femme ? Non, elle ne le pensait pas, il était trop lâche, et aussi distants qu'ils soient l'un de l'autre il n'y avait pas de dispute, tout se passait sous l'apparence de la sérénité. Enfin, une fois les choses s'envenimèrent. Ils étaient partis en vacances avec les enfants et dormaient chez les parents de Stéphane qui leur avait laissé la maison. Stéphane et Anna étaient comme des enfants, ils avaient pris place dans le lit des parents et trouvaient dans cette transgression quelque chose d'excitant. A la sortie du bain de Anna, il l'attendait dans la chambre, nu sous le drap et il lui avait fait un long massage qui avait dégénéré en quelque chose de plus coquin. Il l'avait longuement léchée aussi, titillant son clitoris du bout de sa langue, la sentant s'abandonner sous ses caresses. Ils rigolaient comme des gamins et parfois l'un des deux disait à l'autre : « Chut ! Les enfants vont nous entendre… » et ils riaient de plus belle de ce délit délicieux. Puis elle s'était placée sur lui, prenant dans sa bouche le sexe de l'homme, tandis que sous elle il continuait à balader sa langue avec précision. Chacun donnant à jouir à l'autre, ils étaient comme des amants au premier jour. Elle le suçait comme une glace, l'aspirant, le délivrant, s'éloignant un peu, regardant le sexe impatient qui se tendait vers sa bouche, puis le réabsorbant. Il avait arrêté de la lécher, tout concentré qu'il était sur les merveilles qu'il faisait à son sexe. Il s'abandonnait à sa bouche, ils se tournèrent un peu, elle le reprit en bouche, il prit la tête de sa femme entre ses mains et l'orienta, accélérant le mouvement, enfonça son pénis vers le fond de la gorge, elle eut un haut-le-cœur, le trouvant un peu brutal, mais il semblait si près de venir, elle augmenta la pression, le suça encore mieux, aspira… Il se laissait aller, il gémissait, il bougeait le bassin pour tendre son sexe toujours plus loin. Et cela lui échappa. Soudain il gémit : « Oh Vanessa… Comme c'est bon »… Il y eut un temps mort. Elle arrêta son geste en cours. Il s'immobilisa aussi. Plusieurs minutes de silence s'ensuivirent. Elle alla remettre sa nuisette. Il se tourna vers le mur, honteux. Ils eurent du mal à s'endormir. Lui était immobile, paralysée. Elle n'arrêtait pas de bouger, partagée entre l'envie de savoir et l'envie de fuir. Puis elle n'y tint plus. « C'est donc Vanessa qu'elle s'appelle !? » Il ne pouvait pas nier. Elle savait sans doute depuis le début. « Oui. » Il y eut encore quelques minutes de silence. Stéphane avait arrêté sa respiration et s'attendait à sentir la hache tranchante lui tomber dessus à tout moment. Alors elle déversa toutes ses questions. Finie la patience, finie l'hypocrisie. Elle voulait tout savoir. « Depuis combien de temps ? » « Oh quelques mois. » « Quelques mois ? Quelques années ? » « Quelques… Nous avions rompu il y a quelques mois nous nous voyons à nouveau. Je ne peux pas expliquer… Cette femme… C'est un poison. Je ne peux pas m'empêcher de la voir. » « Parce qu'elle suce comme nulle autre. Parce qu'elle baise mieux que moi. » « Ma chérie, non ne dis pas ça. » « Si, elle se laisse sodomiser elle ? Avec tes idées tordues… » « Sois pas vulgaire… » « Non c'est toi qui est vulgaire. Alors dis-moi ! Tu l'encules elle ? » « C'est arrivé. » Anna ne savait pas quoi dire, ni comment réagir. Elle ressentait une grande violence en elle. Des mots crus lui venaient qu'elle voulait lui déverser dessus, lui montrer ce qu'il lui inspirait. Le dégoût. Tout ce qu'elle avait refoulé depuis des années la submergeait soudain. Il la répugnait, avec son sexe minable qu'elle imaginait dans l'anus d'une autre. « Et tu la connais d'où ? » Il ne voulait pas répondre. Il sentait qu'elle envahissait son jardin secret, sa belle histoire, qu'elle salissait Vanessa, Vanessa dont il avait tellement besoin pour canaliser ses élans, Vanessa la voluptueuse, à la peau si douce, au charme discret. « Réponds-moi ! J'ai le droit de savoir qui est cette Vanessa ! » Il se sentait tellement honteux d'avoir prononcé son nom, mais Vanessa était si douée pour les fellations. Il ne pouvait croire que cela venait de sa femme, il avait oublié que sa femme et lui pouvaient s'entendre sexuellement. « C'est… C'est une collègue. » « Quand l'as-tu rencontrée ? » « Je sais pas. Au bureau. » « Quand ? » « Quelque temps ». « Non, dis-moi quand ! » « Au congrès de Prague, il y a 6 ans. » Anna réfléchit. Fit un calcul. « 6 ans !! Mais j'étais enceinte de Emilien !! Tu te rends compte. Tu es une véritable ordure. » Quelques autres injures suivirent. Puis ce fut le silence. Anna rentra plus tôt que prévu tandis que Stéphane resta quelques jours supplémentaires avec les enfants. La grande maison était vide et Anna se décida à organiser ce dîner qu'elle avait promis depuis longtemps aux collègues, prétextant que ça tombait bien puisque les enfants ne seraient pas dans ses pattes, ils pourraient passer du bon temps. Toute la société fut réunie chez eux, Marc, Tiffany, Gabriel, Jonathan et Quentin, ainsi que Mohamed un jeune Sénégalais qui les avait rejoints depuis peu. Anna cuisina à merveille, ils burent et dansèrent dans le salon. Tout le monde partit content. Tout le monde ? Non. Anna demanda à Marc s'il pouvait lui accorder une petite demi-heure, elle avait des questions à lui poser sur le nouveau projet et ce qui s'était passé pendant les vacances. Surpris, il resta, n'osant espérer qu'une ouverture allait peut-être se faire avec Anna. Elle lui proposa de faire ça dans le salon, elle lui servit un petit café dans le canapé. Il dit que non, il n'allait pas dormir de la nuit. « Est-ce problématique ? As-tu prévu de dormir cette nuit ? » Il rigola mal à l'aise. « Hein, qu'as-tu prévu pour cette nuit ? » Il était étonné de l'audace de la jeune femme. « Si tu veux m'allumer pour ensuite me rejeter, je ne recommande pas de le faire. J'ai beaucoup travaillé les derniers temps et je pourrais ne pas me contrôler. » Elle s'assit dans le canapé face à lui. « Qui parle de se contrôler ? » Sa robe rouge un peu courte remonta le long de ses cuisses lorsqu'elle croisa les jambes. Il prit peur, ne se sentant pas maître de la situation. « Euh, tu parlais de café ? » « Oui, mais si tu trouves ça trop excitant et que tu as besoin de te calmer, je peux te faire un massage ? » Il imagina les jolies mains douces posées sur sa peau et ressentit un frisson lui parcourir le dos… Elle déplia lentement les jambes et les replia dans la configuration inverse. Entre les deux, il aperçut un sous-vêtement de couleur rouge qui lui fit perdre pied. Article ajouté le 2007-12-08 , consulté 29 fois CommentairesLiensVoir les articles de la catégorie " Sensualitté-rature "Retour aux articles |
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