BACK TO WORK - Chapitre 3Les jours suivants, elle se sentait un peu perdue. Elle voulait prendre de la distance par rapport aux hommes de son équipe, mais sa libido ne voulait pas se taire. Elle entreprit donc de concentrer ses désirs sur d’autres hommes. Mais le jeune homme basané de l’autre bureau avait disparu. Il avait été remplacé par une femme qui touchait la quarantaine. Très agréable par ailleurs. Elles devinrent amies et pendant quelque temps Anna crut que la période hypersexuelle qu’elle avait traversée s’était achevée. C’était sans doute dû à la post-maternité et la découverte d’un nouvel environnement, d’un nouveau travail. Elle parlait davantage de ses enfants, qui grandissaient et qui lui manquaient de plus en plus. Certains jours elle regrettait de ne pas être plus au foyer, de ne pas passaient plus de temps à les regarder pousser. Et plus ils étaient nombreux dans l’équipe, plus il y avait du travail. Elle rentrait tard et sentait l’amertume habiter ses journées. Sans compter que Tiffany était arrivée, une jeune fille polie, un peu trop blonde, un peu trop en rondeurs. Mais gentille. Elle lui posait des questions sur ses enfants, sur son mari, elles rigolaient sur les hommes, se moquaient des petites manies de Marc. Et Tiffany lui racontait ses rêves de grandeur, comment elle rêvait de fonder sa boîte de cosmétique. Mais elle voulait aussi des enfants et avait peur que cela bouleverse ses plans. Il leur arrivait d’être très complices. Mais Anna se sentait blessée quand soudain Jonathan ou Gabriel débarquaient avec un regard intense et décapant sur la jeune fille, une caresse sur le bras nu, un clin d’œil, un sourire de trop, et que celle-ci s’échappait pour partager leur pause café. Anna ressentait une extrême solitude l’envahir. Elle se sentait vieille trop tôt. On ne lui proposait plus de pause café, on la plaçait trop haut, trop inaccesible, trop mûre, et peut-être les gars s’en voulaient-ils aussi de lui avoir manqué de respect durant le repas de projet. Elle ressentait surtout la jeunesse qu’elle avait perdue. Elle en voulait parfois à ses enfants et demandait de plus en plus à son mari de les prendre en charge. Stéphane qui avait renoncé aussi à ses rêves de grandeur et se contentait d’une vie pépère (jusqu’à nouvelle aventure ?), accepta sans grand enthousiasme. Heureusement les enfants n’étaient pas à problème. Ils formaient malgré tout une famille équilibrée lors des repas de famille ou les sorties avec des amis ou voisins… même si Anna bouillait toujours intérieurement de feux mal éteints. Un jour qu’elle allait se prendre un thé à la machine à café, Anna sentit une conversation sur elle dans son dos. Elle se retourna et surprit le regard d’un homme qu’elle avait déjà vu sans vraiment le voir sur elle. Elle ne le connaissait pas vraiment même s’il était dans le même bureau qu’elle depuis un certain temps. Elle prit conscience qu’elle l’avait dans son champ de vision depuis plusieurs mois mais n’avait jamais vraiment saisi comment il était attirant. Ou bien était-ce le regard qu’il lui avait jeté qui le rendait attirant, qui réveillait en elle le trouble ? Elle sortit de la cafeteria en se déhanchant, consciente de la présence de l’homme et de ses collègues dans son dos. Puis il y eut un autre repas de projet. Anna s’y rendit à contrecœur mais avec le tout petit espoir qu’il en sortit quelque chose de positif. Elle ne comptait pas trop sur ses collègues pour redorer son blason, mais ne dirait pas non au fait de danser lascivement avec des inconnus ; se sentir toucher par eux, par des doigts étrangers. Elle avait envie de coucher avec un homme, n’importe lequel, un homme qu’elle ne connaitrait pas, qui lui apporterait la nouveauté, autre chose que l’amour qu’elle connaissait dans son couple. Pendant la soirée, elle ne put échapper aux regards de connivence que Tiffany et Gabriel échangeaient. Tiffany avait rompu avec son petit ami récemment, et depuis, la concurrence entre Jonathan et Gabriel s’était renforcée autour de la jeune fille. Puis Jonathan avait rencontré une jeune ukrainienne qui avait fait chavirer son cœur et avec qui il avait décidé de s’installer. Par conséquent, l’obstacle éloigné, les choses s’étaient faites naturellement entre Tiffany et Gabriel. Anna soupçonnait leur relation depuis quelques semaines, mais ce soir-là il n’y avait plus aucun doute possible. Anna se trouvait idiote d’avoir désiré ces hommes, trop jeunes et trop immatures pour elle. Et d’ailleurs qu’avait-elle attendu d’eux ? Qu’ils tombent amoureux ? Juste un peu de sexe ? Mais alors c’était elle l’immature, alors qu’eux cherchaient le grand amour, à s’installer, fonder une famille… ? Tiffany lui avait dit combien elle voulait avoir des enfants, et elle se sentait une mauvaise mère en comparaison. Quand Emilien lui racontait ce qu’il apprenait à l’école, Anna se sentait parfois tellement loin. Elle se repliait dans son travail, faisait des horaires de plus en plus importants, essayait de se noyer dans son travail bête et répétitif. Mais rien à faire, il lui arrivait toujours de rêver aux inconnus des couloirs du bureau en écoutant Johnny chanter la fiancée des hommes. Et ce soir-là, elle les voyait tous en train de se frotter les uns aux autres, Quentin lui semblait de plus en plus lourd, en train de draguer toutes les filles qui passaient avec un culot effroyable. Elle se décida donc à danser, se baigner parmi ces corps inconnus, se frotter à eux. Elle but beaucoup aussi, elle voulait s’abandonner. Un homme lui offrit deux verres de vodka et resta à la regarder danser sur la piste, une cigarette au bec. La musique emplissait ses oreilles et que la lumière des stroboscopes l’éblouissait. Elle se sentait belle, elle se sentait forte, elle se sentait intouchable. En cet instant elle avait 23 ans, elle était en boîte de nuit avec ses copains du projet. Elle se laissait vaguement draguer par ses voisins de bureau sous les yeux réprobateurs de Marc qui ne disait rien pourtant. Elle était arrivée plusieurs fois au bureau après avoir passé des nuits blanches. Marc la massacrait du regard au matin, voyait-il ses cernes ? sa langueur ? son je-m’en-foutisme pour le travail après ses nuits d’orgasme ? Oui, il avait dû deviner. Lui-même regrettait peut-être à l’époque de ne plus avoir son âge… Elle abandonna son corps aux mains d’un inconnu, elle se frottait contre lui, laissait éclater sa féminité en se courbant sous ses doigts. Les reins en arrière. Les fesses ondulantes. Il était là derrière elle, il soufflait dans son cou et elle aimait sentir ce désir qui montait. Elle sentait tout autant le sexe de l’homme poindre contre ses fesses, et elle ne s’en frottait que de plus belle. Elle voulait se fondre dans cette masse. Elle avait envie de prendre le sexe dans sa bouche, boire avidement à la source du plaisir. Elle se retourna, à la recherche de son odeur, de son souffle, de ses lèvres, une odeur familière. Une odeur rassurante. Une odeur qu’elle connaissait trop bien… Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant que cet homme était Marc, que c’est entre ses mains qu’elle était en train de se déhancher. Article ajouté le 2007-12-08 , consulté 27 fois CommentairesLiensVoir les articles de la catégorie " Sensualitté-rature "Retour aux articles |
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